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Baba au rhum
Bonnes adresses · Île-de-France

Le baba au rhum à Paris : de la maison Stohrer aux pâtissiers d'aujourd'hui

Le baba est né rue Montorgueil vers 1730 et il n'a jamais quitté la ville : voici les vitrines parisiennes où il vaut encore le détour.

Par Hélène Marchal · Publié le

Devanture jaune de la pâtisserie Stohrer, rue Montorgueil à Paris, avec l'inscription Maison fondée en 1730

Chaque fois que le TGV me dépose à Montparnasse, je finis par remonter la rue Montorgueil. Pas pour les terrasses : pour la devanture jaune du numéro 51, celle qui annonce « Maison fondée en 1730 ». C’est ici que tout a commencé, et c’est encore ici que je recalibre mon palais avant de juger le moindre baba, le mien compris.

Le berceau, et ce qu’on en sait vraiment

Les faits d’abord : Nicolas Stohrer, pâtissier attaché à Marie Leszczynska, suit la jeune reine à Versailles en 1725, puis ouvre sa boutique rue Montorgueil en 1730. Elle ne l’a jamais quittée. La légende ensuite : le roi Stanislas trempant son kouglof trop sec dans du vin de Malaga, le baptême « Ali Baba » en hommage aux Mille et Une Nuits. Charmant, invérifiable, et je raconte comment démêler tout cela dans l’histoire du baba au rhum, entre faits et légendes.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est que le baba de Stohrer n’est pas une pièce de musée. La cerise confite sur la version classique, la chantilly serrée de la version crème, les bocaux alignés près de la caisse : tout est encore fabriqué sur place, et la file du samedi matin ne ment pas.

Ma tournée parisienne, recoupée et goûtée

Je ne prétends pas avoir découvert ces adresses toute seule. Fin 2025, le magazine Les Hardis a publié un classement des dix meilleurs babas de la capitale, et le guide Michelin a envoyé un inspecteur faire sa propre tournée. J’ai recoupé les deux avec mes carnets, puis j’ai goûté — sur plusieurs passages, parce qu’un baba se juge aussi à sa régularité.

Trois écoles se dessinent. Les classiques assumés : Sébastien Gaudard rue des Martyrs, dont la crème fouettée à peine sucrée me rappelle celle d’Émile, mon grand-père. Les parfumeurs : Gilles Marchal à Montmartre, qui sert son baba en bol avec un sirop aux zestes infusé à la vanille Bourbon, et Claire Damon dont la chantilly au muscovado vaut le voyage boulevard Pasteur. Enfin les généreux, Carl Marletti en tête, dont le dôme cache une crème pâtissière que je n’attendais pas.

Un mot sur les brasseries : beaucoup servent désormais le baba avec la fiole de rhum posée sur la table, à doser soi-même. J’aime le geste, à condition que la pâte ait été imbibée sérieusement en cuisine — la fiole complète, elle ne rattrape pas. Si le sujet vous intrigue, j’explique la mécanique dans la recette traditionnelle du baba : une brioche sèche arrosée à table ne sera jamais un baba.

Paris reste la ville où le baba se porte le mieux, mais elle n’a plus le monopole. Des bouchons et bocaux de Lyon aux babas à 2,90 euros de Lille, j’ai constitué le même carnet d’adresses, vérifié de la même façon : vous le trouverez dans où acheter un bon baba, ville par ville.

Nos adresses à Paris

  1. Stohrer

    Montorgueil (2e) · 6,10 € l'individuel, jusqu'à 18,50 € le format à partager · le baba originel, classique ou chantilly

    La plus ancienne pâtisserie de Paris, fondée en 1730 par Nicolas Stohrer, pâtissier du roi Louis XV, vend toujours le gâteau qui l'a rendue célèbre. Version classique à la cerise confite, version chantilly vanillée, et les fameux babas en bocal au sirop de rhum ambré des Antilles, parfaits à rapporter.

    51 rue Montorgueil, 75002 Paris — site

  2. La Pâtisserie Cyril Lignac

    Sèvres-Duroc (6e) · 8 € l'individuel · baba imbibé rhum-vanille, sirop citron-orange

    Le baba n'a jamais quitté la carte de la maison depuis son ouverture. Pâte généreusement imbibée de rhum et de vanille, sirop citron-orange pour la fraîcheur, chantilly vanillée posée au dernier moment. Un classique tenu avec une régularité rare.

    133 rue de Sèvres, 75006 Paris — site

  3. Des Gâteaux et du Pain

    Pasteur (15e) · 8 € · baba au rhum vieux, chantilly au muscovado

    Claire Damon imbibe son baba d'un rhum brun vieux et le coiffe d'une chantilly au sucre muscovado : des notes caramélisées, presque réglissées, qu'on ne trouve nulle part ailleurs à Paris. Le plus aromatique de ma tournée.

    63 boulevard Pasteur, 75015 Paris

  4. Sébastien Gaudard

    Martyrs (9e) · 6,60 € · baba à l'ancienne, crème fouettée aérienne

    La pâtisserie des grands classiques ressuscités : pâte briochée traditionnelle, sirop au rhum net, crème fouettée légère. Une simplicité qui ne pardonne aucun défaut, et il n'y en a pas. Boutique-salon également place des Pyramides, dans le 1er.

    22 rue des Martyrs, 75009 Paris

  5. Gilles Marchal

    Abbesses, Montmartre (18e) · 6,80 € · baba servi en bol, vanille Bourbon et zestes

    L'ancien directeur de la création de la Maison du Chocolat s'est installé sur la butte Montmartre. Son baba arrive en bol, très présent en rhum, avec un sirop aux zestes d'orange et de citron infusé à la vanille Bourbon. Le plus parfumé du classement des Hardis.

    9 rue Ravignan, 75018 Paris

  6. Carl Marletti

    Censier-Mouffetard (5e) · 7,50 € · baba dodu, crème pâtissière et chantilly vanille

    Près du marché Mouffetard, un baba en dôme généreux qui cache une crème pâtissière délicate sous sa chantilly vanillée, avec un beau goût de rhum brun. Le plus gourmand de la sélection, à réserver aux appétits sérieux.

    51 rue Censier, 75005 Paris

  7. Bulle Boulangerie

    Buttes-Chaumont (19e) · 6,20 € · baba de boulanger, décliné au fil des saisons

    La preuve qu'un excellent baba peut sortir d'une boulangerie de quartier. Disponible toute l'année, il change de visage selon les saisons : passion-vanille et chantilly mascarpone, ou mangue-ananas et crème coco. Ma bonne surprise du nord-est parisien.

    1 rue Meynadier, 75019 Paris

Adresses recensées et recoupées via leshardis.com — pensez à vérifier horaires et disponibilité avant de vous déplacer.

Vos questions

Quel est le meilleur baba au rhum de Paris ?

Pour le poids de l'histoire et la constance, Stohrer, 51 rue Montorgueil, reste la référence : c'est ici que le baba est né vers 1730 et la maison le décline classique, chantilly ou en bocal. Pour une lecture plus contemporaine, le baba au rhum vieux et chantilly muscovado de Des Gâteaux et du Pain est celui qui m'a le plus marquée.

Combien coûte un baba au rhum à Paris ?

Entre 6,10 et 8 euros l'individuel dans les bonnes maisons, d'après les prix relevés fin 2025 : 6,10 euros chez Stohrer, 6,20 euros chez Bulle, 6,60 euros chez Sébastien Gaudard, 7,50 euros chez Carl Marletti, 8 euros chez Cyril Lignac et Des Gâteaux et du Pain. Les formats à partager montent à 18,50 euros chez Stohrer.

Peut-on commander un baba au rhum en ligne à Paris ?

Oui. Stohrer expédie ses babas en bocal via sa boutique en ligne, et La Pâtisserie Cyril Lignac propose la commande sur son site avec retrait en boutique. Pour comparer les maisons qui livrent partout en France, bocaux compris, consultez notre guide où acheter un baba au rhum (/ou-acheter-un-baba-au-rhum/).

Où trouver un baba au rhum près de la rue Montorgueil ?

Rue Montorgueil même : Stohrer au numéro 51, le berceau historique. À deux cents mètres, Les Artizans, 30 rue Montorgueil, proposent leur version au sirop de rhum, crème pâtissière à la vanille de Madagascar et chantilly légère, autour de 7,90 euros. Deux styles de baba dans la même rue, l'ancien et le moderne.


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