Le baba au rhum à Rennes : un Meilleur Ouvrier de France, un bouillon et la Route du Rhum au bout de la ligne
Entre le grand baba du MOF Laurent Le Daniel et les bocaux étoilés de Saint-Malo, la Bretagne prend le rhum plus au sérieux qu'on ne le croit.
Par Hélène Marchal · Publié le

Rennes n’était pas sur ma carte du baba. Elle s’y est imposée le jour où j’ai compris qu’à 45 minutes de la place du Parlement, une maison entière s’était vouée au gâteau imbibé — et qu’en ville même, un Meilleur Ouvrier de France le tenait à sa carte. La Bretagne du beurre salé cache une vraie filière du rhum.
En ville : un MOF, une brasserie, une trattoria
Le baba rennais le plus abouti sort des ateliers de Laurent Le Daniel, Meilleur Ouvrier de France installé ici depuis 1998. Pas d’individuel en vitrine permanente : un format 6 personnes à commander, crème mousseline et fruits frais sur pâte imbibée, 31 euros. La crème mousseline à la place de la chantilly, c’est un choix — plus riche, plus tenue, elle transforme le baba en véritable entremets de repas de famille.
Avenue Jean Janvier, la brasserie Le Galopin affiche « le véritable baba au rhum vieux, crème épaisse » à 11,50 euros. Le rhum vieux donne des notes boisées que le sirop classique n’a pas ; si vous hésitez encore entre les couleurs de rhum pour vos propres babas, j’ai comparé tout cela dans rhum blanc, ambré ou vieux. Et rue de Nemours, La Casetta rappelle que le baba est aussi un monument napolitain : boîtes de six petits babà au rhum ou au limoncello, 4,90 euros. L’histoire de cette double nationalité du gâteau, je la raconte dans le babà, gloire de Naples.
L’angle malouin : la Route du Rhum en bocal
Mais l’aimant de la région est ailleurs, derrière les remparts de Saint-Malo. Luc Mobihan, chef étoilé de la cité corsaire, a eu l’idée de ses babas en regardant partir la Route du Rhum — la transatlantique qui, depuis 1978, relie Saint-Malo à Pointe-à-Pitre tous les quatre ans. En 2017, avec Pierre Rousseaux, il fonde Les Babas de Saint-Malo : des babas fabriqués main, vérifiés un à un, mis en bocal dans un atelier malouin et imbibés d’un rhum du Domaine de Bellevue, à Marie-Galante. Sans colorant ni additif, six mois de garde au sec.
J’ai un faible pour cette maison parce qu’elle prend le bocal au sérieux, en artisan et non en industriel — exactement l’esprit de mes babas en bocaux à faire chez soi, mais avec un rhum de Marie-Galante que je n’ai pas dans mon placard. La gamme ose : rhum-vanille de Madagascar en signature, des éditions au whisky écossais pour les curieux. L’épicerie du 11 rue de l’Orme, dans l’intra-muros, vaut le détour d’un samedi ; le TER Rennes-Saint-Malo fait le trajet en moins d’une heure.
Il me reste à goûter ce que les bouillons et bistrots rennais font du baba au quotidien — les lecteurs bretons sont invités à me souffler leurs tables. En redescendant la Loire, je raconte le baba de brasserie à Tours, une espèce protégée avenue de Grammont. D’ici là, les autres étapes de mon tour de France du gâteau imbibé sont réunies dans toutes mes adresses de baba, région par région.
Nos adresses à Rennes
Pâtisserie Le Daniel
La maison de Laurent Le Daniel, Meilleur Ouvrier de France, pâtisse à Rennes depuis 1998 et compte plusieurs boutiques dans la ville. Son baba au rhum se commande en format 6 personnes : pâte imbibée, crème mousseline, fruits frais de saison, 31 euros, retrait sous 48 heures ou le lendemain avant 14 heures. Le baba de fête rennais par excellence.
19 rue Jules Simon, 35000 Rennes — site
Le Galopin
Cette brasserie proche de la gare annonce la couleur sur sa carte : « le véritable baba au rhum vieux, crème épaisse ». Le choix du rhum vieux donne un baba plus boisé que la moyenne, et la crème épaisse remplace la chantilly — une lecture de brasserie assumée, servie dans une salle qui ne désemplit pas à midi.
21 avenue Jean Janvier, 35000 Rennes — site
La Casetta
Le traiteur italien de la rue de Nemours vend le baba sous sa forme napolitaine : des petits babà maison en boîte de six, déclinés au rhum ou au limoncello, à emporter immédiatement ou en livraison. À 4,90 euros la boîte, c'est la porte d'entrée la moins chère de la ville vers le gâteau imbibé — version transalpine.
26 rue de Nemours, 35000 Rennes — site
Les Babas de Saint-Malo
Luc Mobihan, chef étoilé installé à Saint-Malo, a fondé cette maison en 2017 avec l'entrepreneur Pierre Rousseaux : des babas fabriqués main dans un atelier malouin, mis en bocal et imbibés d'un rhum du Domaine de Bellevue, à Marie-Galante. Sans colorant ni additif, ils se conservent six mois au sec. L'épicerie intra-muros vend toute la gamme, du classique rhum-vanille aux éditions au whisky écossais.
11 rue de l'Orme, 35400 Saint-Malo — site
Adresses recensées et recoupées via patisserieledaniel.fr, legalopin.fr, lacasetta-traiteur.com, lesbabasdesaintmalo.com — pensez à vérifier horaires et disponibilité avant de vous déplacer.
Vos questions
Quel est le meilleur baba au rhum de Rennes ?
Pour un grand format de pâtissier, celui de Laurent Le Daniel, Meilleur Ouvrier de France : crème mousseline, fruits frais, 31 euros pour six personnes, à commander 48 heures à l'avance. À table, le baba au rhum vieux et crème épaisse du Galopin, avenue Jean Janvier, défend très bien la tradition de brasserie à 11,50 euros.
Combien coûte un baba au rhum à Rennes ?
L'éventail rennais est large : 4,90 euros la boîte de six petits babà napolitains chez La Casetta, 11,50 euros le baba au rhum vieux servi au Galopin, et 31 euros le grand baba 6 personnes de la pâtisserie Le Daniel. Soit, selon le format, de moins de 1 euro à un peu plus de 5 euros la part.
Que valent Les Babas de Saint-Malo, et où les trouver depuis Rennes ?
C'est la création la plus sérieuse de la région : des babas en bocal fabriqués main à Saint-Malo, imbibés d'un rhum du Domaine de Bellevue de Marie-Galante, sans colorant ni additif, conçus par le chef étoilé Luc Mobihan. L'épicerie du 11 rue de l'Orme, dans l'intra-muros, est à 45 minutes de Rennes par la N137 ou le TER.
Quel lien entre la Bretagne et le rhum ?
La Route du Rhum, d'abord : depuis 1978, la course transatlantique part de Saint-Malo tous les quatre ans vers Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, et c'est elle qui a inspiré à Luc Mobihan ses babas malouins. La cité corsaire vivait déjà du grand commerce atlantique au XVIIIe siècle ; le rhum y est une vieille connaissance.
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